09/06/2007

Mardi 22 mai

Cette nuit il a plu de 4h à 6h et à 7h nous avons subi un orage. On appelle cela là-bas une tempête tropicale. Un tronc d'arbre pourri s'est écroulé juste derrière la tente de F.S.; heureusement sans dégât. L'après-midi nous avons décidé de partir vers la grande mare que nous avions découverte l'année passée et dont le sable de la plage était crevé d'empreintes de cerfs et de cochons sauvages. 

Je prends rapidement l'avance sur mes compagnons car je n'aime pas beaucoup les déplacements en bande : trop bruyants. Je m'enfonce donc seul dans le marais, passage obligatoire pour se rendre à l'étang, en espérant que les trois hommes vont me suivre. Au bout de quelques pas j'aperçois le flanc d'un cerf de Virginie et la queue blanche d'un autre qui s'enfuient silencieusement à mon approche, imaginant que je ne les ai pas aperçus.

La zone est inondée mais pas impraticable et un ruisseau y serpente. Je découvre ainsi plusieurs mares dont certaines sont vertes de végétaux.

Le plouf bref et sonore de l'une ou l'autre grenouille est seul à troubler la quiétude des lieux. Le spectacle est fantastique et l'apparition d'un Bigfoot serait tout à fait opportune. Entretemps il semble que je me sois écarté de la voie menant à la grande mare et mes compagnons sont invisibles.

Je suis un sentier tracé par des vaches, l'empreinte de leurs sabots l'atteste; peut-être va-t-il me conduire jusqu'à l'étang.

Je débouche sur un chemin envahi par les herbes et par la même occasion je quitte le marais et tout espoir de retrouver la grande mare. Je traverse le chemin et m'enfonce à nouveau dans les bois avant de faire une courbe et de sortir sur une grande clairière herbeuse et fleurie. J'y découvre une cage-piège dont la porte est ouverte mais le mécanisme bloqué. Au fond et à l'entrée moisit un tas de grains de maïs. Le nom de famille du propriétaire, ainsi que son adresse, inscrit sur une plaque de métal suggère qu'il est amérindien. Que capture-t-il avec cette cage : un porc sauvage ou un cerf ? Je reprends le chemin que j'avais quitté peu avant et je le reconnais : il s'agit d'un chemin cul-de-sac parallèle au nôtre et qui rejoint la route principale. Mes godasses haute-tige commencent à m'irriter le tibia. Je m'arrête pour renouer les lacets plus bas, la fatigue commence à se faire sentir. J'arrive au chemin principal, mais décide de prendre le Biking trail à travers bois. Je n'y coise que les empreintes d'un coyote et arrive enfin au camp.Seul F. m'y attend. Où sont les 2 autres ? Partis chez les rangers pour signaler ma disparition. Ben voyons ! F.S., le vétérinaire, les appelle pour leur annoncer mon arrivée au camp et leur commander d'aller acheter des bières. Au retour L.B. me confirme bien qu'ils se sont rendus chez les rangers. J'entre dans une vive colère ! Déranger les rangers parce que j'arrive 2 heures après eux est totalement stupide ! "Si tu avais été mordu par un serpent ou que tu t'étais cassé une jambe ou fais une entorse. Et puis même, tu n'aurais pas survécu à passer la nuit dans la forêt !" C'est oublier que j'ai passé mon enfance et ma jeunesse à la campagne et que les bois ça me connaît ! Je déteste qu'on me prenne pour un "citadin", surtout qu'il m'a déjà fait le même coup il y a 2 ans ! De plus j'avais avec moi une boussole, un couteau de survie et une lampe, dans une zone de la forêt connue. En outre les serpents n'attaquent pas les humains spontanément, on n'est pas au cinéma ! Si je n'étais pas arrivé le lendemain, il était toujours temps d'alerter les rangers....

Cela dit, j'apprends qu'ils ont entendu des coups sur les arbres et ont cru que c'était moi qui leur faisais une plaisanterie. Je démens bien sûr toute responsabilité. Alors qui est l'auteur de ces coups ?

01:00 Écrit par Expedition Leader dans anthropologie | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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