10/06/2007

Vendredi 25 mai

Il pleut toute la matinée. Des ruisseaux coulent sous la table de notre "salle à manger" (une bâche tendue au-dessus d'une table et quatre chaises), l'occasion de prendre une douche tropicale. L'affût de la nuit n'a rien donné.Dans l'après-midi Philippe et moi partons explorer la forêt au-delà du coupe-feu du pipe-line. Nous ne découvrirons rien, mais entendrons des meuglements de vaches provenant du marais.

Nous avons réussi à atteindre Billy qui promet de nous envoyer quelqu'un. En début de soirée, une voiture se présente, passe devant l'entrée de notre camp et va faire demi-tour au fond du cul-de-sac. Léon sort sur le chemin mais la voiture repasse sans s'arrêter. Sont-ce des braconniers ou autres indélicats qui voyant Léon dans sa tenue verte et l'arrière blanc de la voiture s'imaginent que nous sommes des rangers et décident de ne pas insister?Après le repas du soir, nous faisions des essais avec les puissantes lampes de 2.000.000 de chandelles munies d'un filtre infra-rouge et nous concoctions un système liant une caméra sur une lampe, quand soudain un long hurlement sinistre et haut perché part de la forêt juste derrière notre camp. Un coyote ! Nous en sommes tout retournés intérieurement et nous mettons quelques minutes à reprendre nos esprits.C'est à notre tour, Philippe et moi, de passer la nuit à l'affût de minuit à 6h du matin. Six longues heures à attendre vainement que quelque chose se passe. Derrière nous le marais et devant nous, coupé par le coupe-feu du pipe-line, le marais, encore. La nuit est mortellement calme, seulement troublée de temps à autre par le plouf caverneux d'une grenouille ou le chant monotone et bref d'une autre (certaines n'émettent épisodiquement qu'un seul croak). J'imagine peuplant le marais, non pas de banales grenouilles et crapauds, mais des êtres mi-grenouille mi-homme et appartenant à un autre monde.

Le soleil se lève paresseusement sur la forêt, encouragé par le hululement intermittant du Great Horned Owl (le hibou moyen-duc américain).

18:52 Écrit par Expedition Leader dans anthropologie | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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